Chroniques

Le déclic.

Président,
Ce 23 juin, je suis pourtant passée devant chez vous, mais tout était assez calme. Aucun dispositif particulier, donc, pour moi, la journée s`annonçait tranquille. Arrivée au bureau, je me connecte sur les différents sites d’information, pour le moment, rien de bien alarmant. Juste que la foule s`amasse devant l`assemblée nationale. Peu à peu, la tension monte, les infos sont relayées en direct, comme si nous y étions. Les commentaires vont bon train dans le bureau. Le Sénégal est en train de vivre un moment historique : La REVOLUTION, pardon RUE VOLUTION.

Oui, l`accumulation a atteint ses limites, l`exaspération est à son comble, et le volcan s`est alors mis en éruption. Le Sénégal a crache les laves de sa colère. Colère contre un régime népotiste, égoïste et arrogant. Colère contre un régime sourd et aveugle, amnésique de surcroît. Colère contre un régime totalement en décalage avec les gouvernes. Colère contre un régime fervent adepte de la politique de l`autruche. Ces laves ont déferle sur tout le Sénégal, de Mbour à Kaolack, de Thiaroye a Ouakam, de la place Soweto a Castors. Tout le monde est sorti cracher sa rage, parce que tout le monde EN A MARRE.

Cette dame, la cinquantaine, pieds nus, en grand boubou, seule, face à ce policier… cette « Ibadou« , se faufilant dans la foule et assenant un coup qui en disait long sur sa rancœur a ce député, qui lui, au comble de l`humiliation, essayait un tant soit peu de sauver sa dignité, en jetant des pierres aux manifestants… Et des images fortes, comme celle-là, il en existe des tonnes. Prenez juste le temps de les analyser, Président, car elles résument, a elles seules, la détermination de tout un peuple de ne plus se laisser manipuler.

C`est fou cette fâcheuse habitude de l`(ironique) histoire à se répéter. Je me rappelle, étant petite, vos discours « Révolutionnaires« . J`en ai écouté , hier, quand vous disiez aux jeunes de supporter comme les forces de l`ordre l`odeur des grenades lacrymogènes. Vous leur disiez qu`ils ne devaient pas fuir, et qu`ils se devaient de « libérer le peuple Sénégalais« . Eh bien, Monsieur le Président, vous pouvez me croire, c`est leçon sue, bravo ! Vous pouvez être fier de vous !

Non, ce n`est pas l`œuvre de l`opposition, car, je vous rejoins sur un point, elle n`est pas assez forte, assez convaincante, assez charismatique pour drainer des foules. La plupart traine des casseroles. Il y en a certains qui ont participé à la mise à mort du pays par le régime socialiste, il y en a d`autres, qui ont quand même cautionne votre management avant de se démarquer, il y en a d`autres abonnes au régime Yoyo, votre fils spirituel, qui se cherche entre votre parti ou l`opposition. Bref, leurs points communs, c`est qu`aucun n`est habité par cette conviction qui font d`une personne un modele, un guide. Aucun n`inspire cette jeunesse perdue, qui se cherche et qui essaie tant bien que mal de survivre. Et, c`est au nom de cet instinct de survie que de jeunes hommes, soucieux de leur avenir, de l`avenir de tout un peuple, se sont unis pour crier d`une seul voix : Y EN A MARRE !!! Et croyez-moi, ils ont su se faire entendre. Non, ils n`ont pas été instrumentalises ni manipules et non, personne ne cautionne la violence, non, personne ne cautionne la haine, mais, elle résulte simplement et naturellement d`un cumul de sentiments négatifs.

Ces problèmes, ces dérives, ces doléances, cette volonté, ces désirs, ces ambitions qui ont été mille fois exposés, sans suite…

Oui, c`était une belle victoire de la démocratie, ce 23 juin, une belle victoire de la liberté. Une belle victoire de a jeunesse, cette jeunesse engagée, unie dans un seul cri du cœur « Y EN A MARRE !!!« , Bravo à vous, Nous vous en serons toujours reconnaissants. Vous avez montre un patriotisme sans faille, un engament valeureux, et une sincérité éclatante. Vous avez ose dénoncer et affronter toutes ces injustices. Merci. Vous êtes a jamais inscrits dans l`histoire, en lettres d`or. Ce jour-là, j`ai été FIERE d`être Sénégalaise, mais triste de voir ce qu`était devenue cette ville que je chérie tant, ce pays que j`aime profondément. Véhicules calcines, rues désertes, de la fumée partout, et, un silence assourdissant et révélateur de certains fervents opposants.

Président, c`est un message fort que le peuple vous a lance. Je vous en conjure, ne leur tournez pas le dos, ne cherchez pas de bouc émissaire, acceptez les tords qu`on vous reproche, et sortez par la grande porte. Vous vous êtes déjà inscrit dans les annales de l`histoire, il vous reste encore une chance d`ennoblir votre NOM.

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