Chroniques

Si j’ètais prèsident, à 86 ans..

Si j’avais 86 ans, et que j’étais présidente de la République, j’aurais, pris ma retraite aux iles paradisiaques du Saloum, entouré de ma famille, et sirotant un bon bissap frais, sur mon « pliaane ».
J’aurais organisé les dernières élections dans le calme, la sérénité, et donné le relais à mon successeur, qui aurait été choisi par le peuple, démocratiquement.
Je n’aurais pas fait montre de grand favoritisme à l’endroit de mon fils, je n’aurais jamais insulté l’intelligence de ses près 14 000 000 de compatriotes, en déclarant, partout, et toujours, que c’est le meilleur de tous. Je ne lui aurais pas confié trop de ministère, je ne lui aurai pas imposé ce lourd fardeau pour des épaules aussi frêles.
Si j’avais 86 ans, et que j’étais président, je serais allée me reposer, je me serais entièrement consacrée à mon seigneur, j’aurai peut-être écrit mes mémoires, car j’aurais eu tellement de choses à dire. J’aurais raconté ma riche vie, faite d’aventures extraordinaires. J’aurai raconté ma témérité, ma passion, mes douleurs et mes succès, j’aurais raconté ma pauvreté, et mon opulence. J’aurais raconté tous ces voyages que j’ai effectués, toutes ces apparitions télé, toutes ces belles idées que j’ai eues pour le Sénégal, pour l’Afrique. J’aurai raconté toutes ces amitiés faites et défaites, ces intérêts qui avaient pris le dessus sur ces amitiés. J’aurai raconté comment j’ai reçu mon dernier « hôte » président de la « Tchequoslovaquie », et, comment mes opposants manquaient de leadership et de charisme.
Si j’avais 86ans et que j’étais président, j’aurais prié pour ce pays que j’aime tant, accompagner de toutes les confréries, sans préférences. Impartial, je n’aurais jamais affiché mon appartenance, ni ma préférence. J’aurais compris que je suis le Président de tous les Sénégalais, même des Athées. J’aurais gère avec plus de neutralité, moins de légèreté. J’aurai évité de « dire » et de me « dédire », parce que tout simplement un président ne se dédit pas, même pour plaisanter, et, parce que j’ai 86 ans, et que je dois du respect à ma personne, à mon âge, et à mon rang. J’aurai eu conscience que je suis le parrain de tout un peuple, que je suis l’exemple de toute une nation.
Si j’avais 86 ans, et que j’étais président, j’aurais invité tout le peuple à m’écouter et je leur aurais rappelé mon engagement et mon amour. Je leur aurai rappelé toutes les réalisations que j’ai faites en une décennie. Je leur aurai rappelé combien j’ai changé la face du pays de la Tèranga. J’aurais admis avec humilité les manquements car aucune œuvre n’est parfaite, excepté celle de Dieu, et, à Lui, j’aurai confié mes concitoyens, mon pays. J’aurais quitté le palais la tête haute, par la plus grande porte. J’aurais rappelé à mon fils que tout doit se gagner à la sueur de son front, non parce qu’il l’ignore, mais parce que la répétition est pédagogique.
Si j’avais 86 ans et que j’étais président, j’aurais eu conscience que tous les actes que j’avais posés, que je pose, et que je poserai noirciraient inéluctablement les pages de l’histoire, et que celle-ci est immortelle. Elle seule subsiste aux effets du temps. Avec elle, ma vie, mon œuvre, ma personne, deviendraient immortels, jusqu’à la fin des temps. J’aurais accordé une attention particulière à tous mes faits et gestes, car, mes actes d’aujourd’hui feront l’histoire de demain, du Sénégal.
Etre Président, devoir diriger un pays de près de 14 000 000 d’habitants, devoir gérer tous leurs maux, leurs problèmes, à 86 ans doit être si éprouvant, si difficile, si prenant que j’en ressens de la compassion.
Hélas, ou heureusement, je ne suis pas président, et je n’ai pas 86 ans. A cet âge, Inchala, je serai dans une belle résidence, en pleine verdure, avec vue sur mer, me consacrant entièrement à mon seigneur.
Que DIEU préserve le Sénégal des laves de la violence et qu’il nous accorde le souffle jusqu’au 26 février matin. A ce moment-là, il conviendra à chacun de nous, de montrer de quel « vote on se chauffe ».

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