Chroniques

Masslaa…Cette tumeur qui nous ronge!

Auparavant, les ancêtres avaient inventé le « Masslaa », afin de pouvoir régler leurs différends à l’amiable tout en préservant l’honneur d’autrui, mais, dans la dignité.

Aujourd’hui, la dignité a disparu, laissant place à une société dont les valeurs ont péri.

Aujourd’hui, le Massla s’est transformé en hypocrisie.

Aujourd’hui, cette hypocrisie ronge notre société comme un cancer.

Un cancer qui nous conduira inéluctablement à notre perte.

Comment, nous, hypocrites, devrons nous éduquer nos enfants ?

Et eux, comment éduqueront-ils leurs enfants ?

Comment sera le Sénégalais dans 100 ans ?

Pourquoi cette soif de pouvoir, d’avoir, de position, nous pousse-t-elle à nous manger ?

Pourquoi cet égoïsme nous pompe-t-elle cet honneur si cher à nos aïeuls ?

Pourquoi, à cause de cette soif éperdue du pouvoir, nous mentons nous ?

Pourquoi ne nous aimons-nous que-nous même ?

Pourquoi ne peut-on pas accepter que les autres aussi, ont leur destin, ont aussi le droit au succès, à la chance ?

Comment en sommes-nous arrivés à oublier que tout ce qui arrive, n’arrive que par la volonté d’ALLAH ?

Comment peut-on prendre la responsabilité d’être aussi faux ?

Comment prendre la responsabilité de refléter une image autre que celle de notre âme, de notre for intérieur ?

Comment peut-on en arriver à oublier que la vérité finit toujours par éclater ?

Comment peut-on en arriver à supporter le poids de la honte aussi facilement ?

En ressent-on vraiment ? Les scrupules n’ont-elles pas fait place au « niakk djomm ? »

Pourquoi se déteste –t- on autant, par cupidité, et, surtout, par impatience ?

Ce qu’ALLAH a décidé pour nous, comme grâces, nous arrivera obligatoirement !

Mais, chez nous, on s’entretue en se souriant.

Chez nous, on s’entretue en s’invitant à manger.

Chez nous, on s’entretue en se prodiguant des conseils fraternels.

Chez nous, on s’entretue en se disant « Je t’aime ».

chez nous, en s’entretue en se caressant.

Chez nous, on s’entretue en se complimentant.

Chez nous, on ne s’aime pas, mais on fait semblant.

Et, pour se donner bonne conscience, on met en avant le Massla.

Chez nous, on se lorgne, on ne se supporte pas, on se déteste, mais, on éclate de rire ensemble

Chez nous, on se demande pourquoi l’autre il a cela, alors que nous on ne l’a pas. Pourquoi l’autre il est comme ceci, alors que nous non ; et, au lieu de s’inspirer de son parcours pour être comme lui, on met tout notre potentiel intelligence en œuvre pour voir comment la tirer de là où elle est et se mettre à sa place.

Chez nous, on se ment, pour se protéger l’un contre l’autre.

Chez nous, c’est tout une mascarade, et une mascarade grotesque, ridicule et malsaine. Oh ! Que d’imagination, que de méchancetés, que d’hypocrisies, que d’aigri(e)s, que de jaloux.

Oh, ils doivent bien se retourner dans leur tombe, ceux qui ont inventé ce concept ; il a été cruellement dénaturé!

Et face à ce cirque infernal, on se demande comment survivre ?

Doit-on faire comme eux, comme le préconise ce proverbe qui dit « dans un pays, quand tout le monde marche avec un seul pieds, il faut aussi marcher avec un seul pied » ?

Mais, cela voudrait dire s’adapter, en d’autres termes ? Mais, en croyants, doit-on s’adapter à une généralité, prohibée ?

Doit-on oublier qu’un jour, nous serons dans notre tombe, seul, face à nous même , et à nos actes?

Doit-on oublier que le temps et les actes posés sont irréversibles?

Doit-on oublier qu’un jour, nous serons pris de regrets et de remords, dans un trou noir, où les regrets et les remords n’ont pas de place ?

Doit-on oublier qu’un jour, nous nous ferons tous face ? L’âme et les intentions dénudées, ainsi que les mensonges et les vérités ?

Doit-on oublier qu’un jour, nous devrons implorer le pardon de toutes ces personnes à qui nous avons menti, de toutes ces personnes que nous avons trahies, de ces personnes que nous avions détestées, sans raisons valable ?

Doit-on vraiment être aussi inintelligents, au point de prendre le risque de devoir implorer un pardon hypothétique ? Car, ce jour-là, chaque personne ne pensera qu’à soi. Et, le pardon sera la chose la plus difficile à recevoir, car, nos « hassanates » (Thiaaba) reviendront de droits aux gens envers qui nous disons du mal.

Doit –on oublier que ‘’Yalla khol rek ley fey » (ALLAH ne rétribue que la nature des intentions).

Non, nous n’avons pas le droit d’oublier, quand on est croyant, que Dieu existe, et qu’un jour, il tranchera. Il est « Al-‘Adl », et, un juge juste, est le meilleur des juges. Souhaitons à nos prochains du bien, ce bien nous arrivera ; souhaitons à nos prochains du mal, ce mal nous arrivera à nous.

« Dieu protège moi contre mes amis, mes ennemis, je les connais déjà ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *